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Le collège Maurice Ravel à la rencontre du stade Mayol

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En ce vendredi 23 janvier 2015, ma classe et moi-même sommes allés à la rencontre de notre Stade Mayol ; pourquoi NOTRE Stade me direz-vous ? Pour la simple et bonne raison que ce Stade appartient aux toulonnais ainsi que M. Félix Mayol l’avait souhaité en léguant ce patrimoine à sa ville natale. Ce sont au passage, les toulonnais qui le financent entièrement et qui le prêtent à l’équipe du R.C.T.

Nous avions hâte mes camarades et moi que l’heure avance et sonne le moment de la récréation matinale où nous devions partir pour nous rendre à ce rendez-vous tant convoité ; si bien que – je ne devrais pas le dire – les deux heures de cours qui précédèrent nous parurent un calvaire !

Ovalie
peut désigner le monde du « ballon ovale », 
c’est-à-dire le rugby en général

Enfin le moment arriva ! Et après avoir griffonné les devoirs pour le cours suivant, nous nous précipitâmes devant la vie scolaire pour rejoindre les professeurs qui nous accompagnaient pour notre ovalie. Nous notâmes l’exceptionnelle présence de Monsieur Bonnabel, le chef cuisinier du collège aussi connu pour être l’un des responsables sportifs de l’école de Rugby de l’U.S. Seynoise. Nous étions ravis et très impressionnés de voir quelqu’un que nous connaissions bien dans une toute autre fonction que celle dont nous avions l’habitude. Bien sûr, la stature athlétique de M. Bonnabel ne cachait pas les élans de son cœur pour ce sport vigoureux…

Après les vérifications d’usage, nous franchîmes les portes et comptâmes les pas qui nous séparaient de notre destination. Nous longeâmes l’interminable Lycée Dumont d’Urville jusqu’à apercevoir la silhouette blanche et massive du Stade qui observait avec bienveillance le quartier animé de la vieille darse et le manège des voitures autour du Rond-point du Général Bonaparte.

La journée s’annonçait radieuse après les pluies diluviennes du mois de janvier mais c’est au sec que nos pieds foulèrent les dalles de l’allée des légendes devant le portail menant au terrain et aux tribunes… A notre grande surprise, nous reconnûmes le nom d’une camarade : Herbet ; figé à jamais dans l’illustre revêtement. Tirés de notre rêverie, un homme nous fit bon accueil et se présenta à nous ; il s’appelait Pierre-Jean Guardamagna, et était responsable de la sécurité et du matériel sportif du Stade. En sa compagnie nous accédâmes par un chemin circulaire à l’angle sud-ouest jusqu’à l’esplanade du Stade, à ras de la pelouse parfaitement égalisée.

C’est alors que nous découvrîmes un gigantesque rectangle vert de plus de 8400 m2 bordé de sièges rouges ou noirs alignés dans les tribunes : le contraste des couleurs avec le bleu du ciel était un ravissant spectacle ! Nous n’osions plus faire un pas et pendant quelques minutes, sous les recommandations entêtantes de Mme Sénéquier, nous demeurâmes pétrifiés, ne sachant plus ou marcher tant la perspective du terrain nous semblait écrasante. Je me souviens amusé, que le premier réflexe d’Antoine, un camarade, fut d’aussitôt toucher la pelouse comme s’il s’agissait d’une relique sacrée ou peut-être souhaitait-il simplement vérifier qu’il ne rêvait pas ?

La ligne blanche qui délimitait la surface de jeu était notre frontière infranchissable et quand l’une de nos professeurs nous demanda de nous rassembler pour nous photographier, nous fîmes attention à ne pas la franchir. Pour nombre d’entre nous, ces lieux étaient sacrés et symboliques, aussi, nous étions comme embarrassés et gauches au moment de nous aligner pour immortaliser notre passage.

Avenue des légendes
le RCT et la ville de Toulon créent “L’Avenue des Légendes“, une avenue recouverte de plaques à l’effigie des légendes qui ont marqué l’histoire du club. Au total, 20 personnalités seront représentées sur l’avenue, dont une partie sélectionnée par les supporters sur les réseaux sociaux du club : 
Félix Mayol, Marcel Baillette, Eric Champ André Herrero, Jérôme Gallion, Jonny Wilkinson, Tana Umaga Daniel Herrero, Marcel Bodrero, Aldo Gruarin , Eric Melville, Manu Diaz …

Puis nous avons commencé la visite en passant sous la tribune Lafontan, en empruntant le tunnel par où sortent les joueurs d’ordinaire, que nous remontions en sens inverse pour arriver dans un grand corridor où de grand panneaux photographiques nous attendaient. M. Guardamagna ainsi que M. Bonnabel nous expliquèrent les épisodes clefs du Stade dont les clichés en noir et blanc étaient les témoignages. Félix Mayol y était présent, bien sûr ! Mais ce qui nous surprit d’autant plus, ce fut de voir le stade en 1920, tel que nous ne le connaissions pas : une sorte de terrain vague boursouflé de mottes d’herbe en friche, cerné par des barrières de fortune… étonnant quand on sait désormais le succès d’un match !

En poursuivant notre découverte nous prîmes conscience de l’organisation millimétrée de chaque rencontre officielle : il y avait là des locaux techniques, des postes de contrôles anti-dopage, une salle de conférence où se réunissent les médias pour interroger les joueurs après match, les vestiaires des arbitres, les vestiaires des invités et enfin ceux de nos joueurs.

Nous commençâmes notre visite par le vestiaire des visiteurs : une grande pièce sans décorum mais fonctionnelle, pourvue d’une baignoire de détente, de la climatisation et d’un congélateur pour les poches de glace. Un peu plus loin, une pièce consacrée à la détente musculaire des adversaires leur était également réservée. M. Guardamagna insista sur le fait que les locaux pour les accueillir étaient de bonne qualité comparés à ceux d’ autres stades plus vétustes où nos joueurs se rendaient…

Notre visite des profondeurs du Stade se termina par les vestiaires officiels de l’équipe ; la salle mesure au moins 100m2 avec sa baignoire de refroidissement où se plongent les joueurs dans une eau à 0°C (cryothérapie) pour détendre leurs muscles, des tables de massage à même la pièce pour écouter les recommandations ou commentaires du coach tout en se soignant. Il y avait aussi des strapontins sur toute la largeur de la pièce où les joueurs s’asseyaient et se changeaient, tous étaient surmontés de casiers ainsi que de tiroirs situés en dessous des sièges, sans doute pour y glisser les chaussures à crampons. Sur certains étaient griffonnés le nom des joueurs tels que « titi », peut-être pour désigner Tillous Borde ou encore « Johnny (Wilkinson) »… Il règne dans ces lieux une ambiance manifeste d’avant match tout à fait exaltante.

Cryothérapie
Elle est utilisée pour calmer les douleurs telles que les entorses, tendinites, claquages musculaires. 
Le froid a pour effet de réduire le calibre des vaisseaux (vasoconstriction), de soulager la douleur et d’aider à résorber les hématomes. Des spray de froid sont aujourd’hui couramment utilisés sur les terrains de sport pour calmer la douleur suite à un choc, de manière plus pratique qu’avec la glace.

Nous retrouvâmes la luminosité extérieure, éblouis par le soleil piquant de janvier ; un des deux jardiniers à temps plein chevauchait une sorte de grosse machine, que je pris d’abord pour une tondeuse mais qui n’en était pas une puisqu’il s’agissait plutôt d’un motoculteur perforant la terre d’une multitude de trous de la largeur d’un gros clou… En effet, dans ce genre de terrain plus spécialement argileux, le tassement provoqué par les pluies récentes tout comme l’arrosage et le piétinement, amènent progressivement la terre à se colmater et le gazon à ne plus trouver l’air qui lui est nécessaire. Pour y remédier, il s’agit de percer le sol de trous rapprochés en y enfonçant les dents d’un outil spécial…

Forts de ces explications techniques, nous escaladons désormais les gradins bicolores où apparaissent à certains endroits réservés les illustres noms de quelques entreprises ou personnalités politiques locales ; nous dépassons les sièges des Officiels pour accéder au sommet de la tribune Lafontan et parvenir enfin aux emplacements de la presse. Simplement griffonnés sur un coin de plateau, apparaissaient les noms des chaines Radio : RMC, RTL, Europe 1 dont nous faisions semblant d’être les commentateurs l’espace d’un moment assez animé je dois reconnaître…
C’est ici que j’appris que les images diffusées en plein match étaient trompeuses  car à en croire son poste de télévision, on pourrait penser que les commentateurs ont le terrain en arrière plan alors qu’il n’en est rien ! La vérité, c’est que ces commentateurs regardent le terrain avec derrière eux un fond vert sur lequel une incrustation d’image en direct est réalisée. Nous vîmes également une quantité incroyable de matériel informatique. M. Guardamagna nous informa alors qu’en temps de match, le sol était couvert de câblages ; de même, dans le Poste de Commandement de sécurité, chaque unité d’intervention avait son espace réservé et scrutait chaque caméra pour guetter l’attitude imprévisible de la foule. Dans la régie, nous remarquâmes aussi le compte-à-rebours et la notice pour vérifier son fonctionnement, ainsi que le compteur de points électronique. Tout est vraiment mis en œuvre pour assurer la sécurité et le plaisir de chacun sans que personne ne soupçonne la complexité d’une telle organisation.

Juchée sur ce promontoire, je pris pleinement conscience de l’immensité du panorama offert par la tribune sur l’arène sportive et son environnement urbain. Alors imaginez ce que l’on peut ressentir, du haut de son mètre et des poussières au milieu de ce joyau de verdure lorsqu’il vous est entièrement consacré et réservé le temps d’une matinée ? Hé bien, je me suis sentie importante, comme investie d’une mission de transmission auprès de ceux qui n’avait pas la chance de partager ce moment d’intimité avec leur Patrimoine. Une petite voix murmurait dans ma tête que l’instant était magnifique et que pour rien au monde je ne voulais être ailleurs : j’imaginais sans peine la voix unanime de la foule réagissant aux moindres variations de jeu ; l’entraîneur s’égosiller et le bruit mat des corps qui s’entrechoquent et des coups de crampons dans la chair du ballon rond : quelle belle communion populaire !

Je fus tirée de mon imaginaire par de nouveaux projets ; il était temps de quitter notre piédestal pour retrouver le terrain de jeu et c’est avec précaution que nous regagnâmes la terre ferme pour nous adonner, lors de la seconde partie de notre visite, à ce sport sous la direction de notre entraîneur de circonstances : M. Bonnabel. Nous franchîmes ENFIN ! La fragile frontière qui nous séparait du gazon naturel pour entourer le coach. Ce dernier nous expliqua tout d’abord les règles d’une mêlée, tour de force risqué, nous apprit-il, en raison du risque de blessures au dos et à la nuque pour des joueurs non expérimentés… En effet, les joueurs, tête contre tête, progressent en opposition ce qui peut provoquer des hématomes ou des blessures graves. Quelques élèves improvisèrent le mouvement non sans quelque gêne car il ne faut pas craindre le contact… mais qu’importe, ce fut l’occasion de sourire à leurs dépens !

Enfin, les plus expérimentés d’entre nous (et il y en avait quelques uns, même des filles) entamèrent une partie de 15 minutes qui consistait à toucher et non plaquer l’adversaire porteur du ballon. Il faut croire que notre bonheur faisait plaisir à voir car même les jardiniers cessèrent leurs activités, pour nous regarder courir et nous amuser comme des enfants dans un jardin un jour de Pâques ! Mon équipe perdit 2 essais à 0 ce jour-là mais pas grave ! C’était drôle de jouer et encore plus impressionnant quand on sait que je courais dans les pas de grands rugbymen ! Epuisés mais rassasiés par toutes ces émotions, nous nous sommes réunis pour notre photo souvenir dans une franche camaraderie.

Vint le moment de quitter les lieux et retrouver nos contraintes scolaires de fin de journée ; la cantine aussi nous attendait pour un repas de débriefing bien mérité. Bien sûr, nous avions à notre palmarès quelques sorties Patrimoine et culturelles depuis le début de l’année scolaire, mais celle-ci était de loin la meilleure ! Si ce n’est une bonne douzaine de ballons qui ont failli me percuter de plein fouet (tout comme ce pauvre Félix) j’ai été super heureuse ! D’autant plus que nous vivions cette matinée comme un privilège car il s’agissait d’une première pour le stade qui n’avait pas l’habitude de recevoir des scolaires : pourvu que notre venue leur ait plue et que cette rencontre favorise d’autres échanges de même nature…

Un grand merci à la Ville de Toulon pour sa généreuse participation et tout particulièrement à : M. Michel Bonnus, adjoint au sport et espaces verts de la ville de Toulon, Patrick occhini, directeur général adjoint aux sports jeunesse et espaces verts, M. Georges Spriet, chef du service gestion des équipements sportifs, M. Pierre-Jean Guardamagna Responsable sécurité et matériel sportifs pour ses remarques avisées sur l’histoire et la logistique du stade, M. Stéphane Pépé, le gardien du stade, M. Sénéquier Stéphane pour la rédaction de la partie administrative du projet

Une grand merci aux deux équipes d’élèves qui ont donné de leur souffle et beaucoup d’encre pour rédiger cet article ! Les élèves de 4ème 5 : et les élèves de 4ème 6 :

Merci aux accompagnateurs : Mmes Arnaudo et Macho, professeur d’EPS, Mme Cambefort, Gestionnaire du Collège et supportrice motivée et en talons ! Mme Sénéquier, accessoirement photographe et organisatrice ; enfin, M. Didier Bonnabel, un sympathique et charismatique entraîneur qui a fait courir et a lui-même couru avec une ardeur presque enfantine !

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