Articles

,

Le collège Maurice Ravel débarque aux archives de la Marine

Débarquement en Provence

Enfin une sortie pour changer des cours ordinaires !
Ce mardi matin 18 Novembre 2014 je m’étais dit que la journée à venir allait être divertissante et changer des habitudes scolaires car nous partions avec ma classe de 3ème étudier une exposition pour les 70 ans du Débarquement en Provence aux Archives de la Marine.
Tant pis pour la récré que nous avions râtée ! Nous déambulâmes le long du Lycée Dumont D’Urville pour parvenir jusqu’au Port, tout à proximité du Stade légendaire de Mayol. J’en profitai pour échanger librement avec mes amis sans être distrait par un trajet que je connaissais par cœur.

Pour commencer, nous fîmes une halte photographique devant la porte monumentale de la Corderie royale, classée monument historique et bâtie en 1685 pour un précédent bâtiment… avant de reprendre notre chemin jusqu’au but de notre expédition matinale, celle de l’exposition située au Service historique de la Défense. J’ignorais que l’on pouvait avoir accès par ce moyen à la Corderie royale interdite au public en temps normal : c’est ce que je croyais alors…
Arrivés à « bon port », passage de la Corderie, une porte automatisée sur la façade s’ouvrit brusquement à notre approche, comme si elle espérait notre venue. Nous entrâmes et observâmes alors un silence respectueux à la demande des adultes, comme soucieux de respecter ces lieux d’un autre âge ; enfin nous gagnâmes la salle d’exposition.

Débarquement en Provence
Je fus d’abord frappé par l’immense maquette d’une Frégate hérissée de canons qui nous accueillit dès l’accès. Par la suite, toutes les photos et archives présentes ainsi que les témoignages authentiques de journaux intimes nous ont offert une vision concrète et réelle de cette épouvantable période. Chaque récit était passionnant et saisissant de vérité : je m’identifiai facilement à ce toulonnais qui avait écrit les événements vécus et je pouvais ressentir avec étrangeté la peur qui l’envahissait en découvrant les heures difficiles des bombardements qu’il décrivait.
Mon confortable quotidien n’était plus aussi terrible que ces « cannonade(s) continue(s) » de la « nuit du 16 au 17 août 1944 ». Quant à moi, je n’avais pas perdu mes proches lors de ce terrible épisode, comme ce pauvre anonyme dans sa lettre évoquant la disparition de sa femme et de sa fille pendant les bombardements…
Je fus encore étonné de découvrir des journaux de propagande qui dénonçaient l’attaque des alliés comme celle d’ennemis impitoyables et meurtriers : ce que j’ai du mal à croire avec le recul historique !
Cette exposition m’a bouleversé(e) et depuis, je regarde ma ville d’un regard neuf ; je ne pensais pas que la seconde Guerre mondiale avait fait de ma cité natale si attachante et douillette à ce jour, un champ de ruines fantômatiques… Même notre brave et amusant Cuverville, tourné d’ordinaire vers la mer et triomphant sur son socle, avait perdu et ses bras et son panache !
Au retour, nous avons à nouveau longé le port, ensoleillé et accueillant avec ses terrasses chaleureuses et ses toulonnais déjà attablés à l’heure du repas. Alors j’ai tressailli, me rappelant quelques minutes plus tôt le souvenir terrible des gravas de pierres qui obstruaient ce trajet. Je pensai alors que la vie était fragile et que j’avais une chance infinie de naître à une époque où j’étais en sécurité. La malheureuse expérience de mes aînés devait me servir de mise en garde et je comprenais aussitôt la nécessité de tels témoignages.

Un grand merci à Mme Gragez Carole conservatrice au Service historique de la Défense pour l’organisation de cette exposition intitulée : La Marine française dans le Débarquement de Provence (du 18 août au 19 décembre 2014).
Merci aux accompagnatrices : Mme Oliva, professeur d’Histoire-Géographie et Mme Sénéquier, professeur de Français.
Merci aux élèves de 3ème 3 qui ont su observer et relever les informations pour constituer cet article. Salomé Baldovini, Axel Barthélémy, Quentin Bayeron, Lilia Blessing, Guilhaume Boixel, Alexandre Buttigieg, Adrien Caruso, Oscar Daniel, Léa Depallens, Marie Dième, Maele Dourdainne, Lucas Ezèque, Tony Faure, Raphaël Garcia, Guillaume Gatt, Elsa Grizel, Fanny Jarnot, Antoine Jonqueres, Laly Lagreca-Occhipinti, Anïs Lamacchia, Antonin Lassarre, Léonard Lévina, Elliesse Louiz, Zied Mejri, Fanny Nolay, Zoé Oulié, Lorenzo Pergola, Thomas Petit, Léon Riva.
Merci à Mme Sénéquier pour l’organisation de cette sortie Patrimoine et la synthèse des articles.