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Le collège Maurice Ravel à la rencontre du stade Mayol

rugby

En ce vendredi 23 janvier 2015, ma classe et moi-même sommes allés à la rencontre de notre Stade Mayol ; pourquoi NOTRE Stade me direz-vous ? Pour la simple et bonne raison que ce Stade appartient aux toulonnais ainsi que M. Félix Mayol l’avait souhaité en léguant ce patrimoine à sa ville natale. Ce sont au passage, les toulonnais qui le financent entièrement et qui le prêtent à l’équipe du R.C.T.

Nous avions hâte mes camarades et moi que l’heure avance et sonne le moment de la récréation matinale où nous devions partir pour nous rendre à ce rendez-vous tant convoité ; si bien que – je ne devrais pas le dire – les deux heures de cours qui précédèrent nous parurent un calvaire !

Ovalie
peut désigner le monde du « ballon ovale », 
c’est-à-dire le rugby en général

Enfin le moment arriva ! Et après avoir griffonné les devoirs pour le cours suivant, nous nous précipitâmes devant la vie scolaire pour rejoindre les professeurs qui nous accompagnaient pour notre ovalie. Nous notâmes l’exceptionnelle présence de Monsieur Bonnabel, le chef cuisinier du collège aussi connu pour être l’un des responsables sportifs de l’école de Rugby de l’U.S. Seynoise. Nous étions ravis et très impressionnés de voir quelqu’un que nous connaissions bien dans une toute autre fonction que celle dont nous avions l’habitude. Bien sûr, la stature athlétique de M. Bonnabel ne cachait pas les élans de son cœur pour ce sport vigoureux…

Après les vérifications d’usage, nous franchîmes les portes et comptâmes les pas qui nous séparaient de notre destination. Nous longeâmes l’interminable Lycée Dumont d’Urville jusqu’à apercevoir la silhouette blanche et massive du Stade qui observait avec bienveillance le quartier animé de la vieille darse et le manège des voitures autour du Rond-point du Général Bonaparte.

La journée s’annonçait radieuse après les pluies diluviennes du mois de janvier mais c’est au sec que nos pieds foulèrent les dalles de l’allée des légendes devant le portail menant au terrain et aux tribunes… A notre grande surprise, nous reconnûmes le nom d’une camarade : Herbet ; figé à jamais dans l’illustre revêtement. Tirés de notre rêverie, un homme nous fit bon accueil et se présenta à nous ; il s’appelait Pierre-Jean Guardamagna, et était responsable de la sécurité et du matériel sportif du Stade. En sa compagnie nous accédâmes par un chemin circulaire à l’angle sud-ouest jusqu’à l’esplanade du Stade, à ras de la pelouse parfaitement égalisée.

C’est alors que nous découvrîmes un gigantesque rectangle vert de plus de 8400 m2 bordé de sièges rouges ou noirs alignés dans les tribunes : le contraste des couleurs avec le bleu du ciel était un ravissant spectacle ! Nous n’osions plus faire un pas et pendant quelques minutes, sous les recommandations entêtantes de Mme Sénéquier, nous demeurâmes pétrifiés, ne sachant plus ou marcher tant la perspective du terrain nous semblait écrasante. Je me souviens amusé, que le premier réflexe d’Antoine, un camarade, fut d’aussitôt toucher la pelouse comme s’il s’agissait d’une relique sacrée ou peut-être souhaitait-il simplement vérifier qu’il ne rêvait pas ?

La ligne blanche qui délimitait la surface de jeu était notre frontière infranchissable et quand l’une de nos professeurs nous demanda de nous rassembler pour nous photographier, nous fîmes attention à ne pas la franchir. Pour nombre d’entre nous, ces lieux étaient sacrés et symboliques, aussi, nous étions comme embarrassés et gauches au moment de nous aligner pour immortaliser notre passage.

Avenue des légendes
le RCT et la ville de Toulon créent “L’Avenue des Légendes“, une avenue recouverte de plaques à l’effigie des légendes qui ont marqué l’histoire du club. Au total, 20 personnalités seront représentées sur l’avenue, dont une partie sélectionnée par les supporters sur les réseaux sociaux du club : 
Félix Mayol, Marcel Baillette, Eric Champ André Herrero, Jérôme Gallion, Jonny Wilkinson, Tana Umaga Daniel Herrero, Marcel Bodrero, Aldo Gruarin , Eric Melville, Manu Diaz …

Puis nous avons commencé la visite en passant sous la tribune Lafontan, en empruntant le tunnel par où sortent les joueurs d’ordinaire, que nous remontions en sens inverse pour arriver dans un grand corridor où de grand panneaux photographiques nous attendaient. M. Guardamagna ainsi que M. Bonnabel nous expliquèrent les épisodes clefs du Stade dont les clichés en noir et blanc étaient les témoignages. Félix Mayol y était présent, bien sûr ! Mais ce qui nous surprit d’autant plus, ce fut de voir le stade en 1920, tel que nous ne le connaissions pas : une sorte de terrain vague boursouflé de mottes d’herbe en friche, cerné par des barrières de fortune… étonnant quand on sait désormais le succès d’un match !

En poursuivant notre découverte nous prîmes conscience de l’organisation millimétrée de chaque rencontre officielle : il y avait là des locaux techniques, des postes de contrôles anti-dopage, une salle de conférence où se réunissent les médias pour interroger les joueurs après match, les vestiaires des arbitres, les vestiaires des invités et enfin ceux de nos joueurs.

Nous commençâmes notre visite par le vestiaire des visiteurs : une grande pièce sans décorum mais fonctionnelle, pourvue d’une baignoire de détente, de la climatisation et d’un congélateur pour les poches de glace. Un peu plus loin, une pièce consacrée à la détente musculaire des adversaires leur était également réservée. M. Guardamagna insista sur le fait que les locaux pour les accueillir étaient de bonne qualité comparés à ceux d’ autres stades plus vétustes où nos joueurs se rendaient…

Notre visite des profondeurs du Stade se termina par les vestiaires officiels de l’équipe ; la salle mesure au moins 100m2 avec sa baignoire de refroidissement où se plongent les joueurs dans une eau à 0°C (cryothérapie) pour détendre leurs muscles, des tables de massage à même la pièce pour écouter les recommandations ou commentaires du coach tout en se soignant. Il y avait aussi des strapontins sur toute la largeur de la pièce où les joueurs s’asseyaient et se changeaient, tous étaient surmontés de casiers ainsi que de tiroirs situés en dessous des sièges, sans doute pour y glisser les chaussures à crampons. Sur certains étaient griffonnés le nom des joueurs tels que « titi », peut-être pour désigner Tillous Borde ou encore « Johnny (Wilkinson) »… Il règne dans ces lieux une ambiance manifeste d’avant match tout à fait exaltante.

Cryothérapie
Elle est utilisée pour calmer les douleurs telles que les entorses, tendinites, claquages musculaires. 
Le froid a pour effet de réduire le calibre des vaisseaux (vasoconstriction), de soulager la douleur et d’aider à résorber les hématomes. Des spray de froid sont aujourd’hui couramment utilisés sur les terrains de sport pour calmer la douleur suite à un choc, de manière plus pratique qu’avec la glace.

Nous retrouvâmes la luminosité extérieure, éblouis par le soleil piquant de janvier ; un des deux jardiniers à temps plein chevauchait une sorte de grosse machine, que je pris d’abord pour une tondeuse mais qui n’en était pas une puisqu’il s’agissait plutôt d’un motoculteur perforant la terre d’une multitude de trous de la largeur d’un gros clou… En effet, dans ce genre de terrain plus spécialement argileux, le tassement provoqué par les pluies récentes tout comme l’arrosage et le piétinement, amènent progressivement la terre à se colmater et le gazon à ne plus trouver l’air qui lui est nécessaire. Pour y remédier, il s’agit de percer le sol de trous rapprochés en y enfonçant les dents d’un outil spécial…

Forts de ces explications techniques, nous escaladons désormais les gradins bicolores où apparaissent à certains endroits réservés les illustres noms de quelques entreprises ou personnalités politiques locales ; nous dépassons les sièges des Officiels pour accéder au sommet de la tribune Lafontan et parvenir enfin aux emplacements de la presse. Simplement griffonnés sur un coin de plateau, apparaissaient les noms des chaines Radio : RMC, RTL, Europe 1 dont nous faisions semblant d’être les commentateurs l’espace d’un moment assez animé je dois reconnaître…
C’est ici que j’appris que les images diffusées en plein match étaient trompeuses  car à en croire son poste de télévision, on pourrait penser que les commentateurs ont le terrain en arrière plan alors qu’il n’en est rien ! La vérité, c’est que ces commentateurs regardent le terrain avec derrière eux un fond vert sur lequel une incrustation d’image en direct est réalisée. Nous vîmes également une quantité incroyable de matériel informatique. M. Guardamagna nous informa alors qu’en temps de match, le sol était couvert de câblages ; de même, dans le Poste de Commandement de sécurité, chaque unité d’intervention avait son espace réservé et scrutait chaque caméra pour guetter l’attitude imprévisible de la foule. Dans la régie, nous remarquâmes aussi le compte-à-rebours et la notice pour vérifier son fonctionnement, ainsi que le compteur de points électronique. Tout est vraiment mis en œuvre pour assurer la sécurité et le plaisir de chacun sans que personne ne soupçonne la complexité d’une telle organisation.

Juchée sur ce promontoire, je pris pleinement conscience de l’immensité du panorama offert par la tribune sur l’arène sportive et son environnement urbain. Alors imaginez ce que l’on peut ressentir, du haut de son mètre et des poussières au milieu de ce joyau de verdure lorsqu’il vous est entièrement consacré et réservé le temps d’une matinée ? Hé bien, je me suis sentie importante, comme investie d’une mission de transmission auprès de ceux qui n’avait pas la chance de partager ce moment d’intimité avec leur Patrimoine. Une petite voix murmurait dans ma tête que l’instant était magnifique et que pour rien au monde je ne voulais être ailleurs : j’imaginais sans peine la voix unanime de la foule réagissant aux moindres variations de jeu ; l’entraîneur s’égosiller et le bruit mat des corps qui s’entrechoquent et des coups de crampons dans la chair du ballon rond : quelle belle communion populaire !

Je fus tirée de mon imaginaire par de nouveaux projets ; il était temps de quitter notre piédestal pour retrouver le terrain de jeu et c’est avec précaution que nous regagnâmes la terre ferme pour nous adonner, lors de la seconde partie de notre visite, à ce sport sous la direction de notre entraîneur de circonstances : M. Bonnabel. Nous franchîmes ENFIN ! La fragile frontière qui nous séparait du gazon naturel pour entourer le coach. Ce dernier nous expliqua tout d’abord les règles d’une mêlée, tour de force risqué, nous apprit-il, en raison du risque de blessures au dos et à la nuque pour des joueurs non expérimentés… En effet, les joueurs, tête contre tête, progressent en opposition ce qui peut provoquer des hématomes ou des blessures graves. Quelques élèves improvisèrent le mouvement non sans quelque gêne car il ne faut pas craindre le contact… mais qu’importe, ce fut l’occasion de sourire à leurs dépens !

Enfin, les plus expérimentés d’entre nous (et il y en avait quelques uns, même des filles) entamèrent une partie de 15 minutes qui consistait à toucher et non plaquer l’adversaire porteur du ballon. Il faut croire que notre bonheur faisait plaisir à voir car même les jardiniers cessèrent leurs activités, pour nous regarder courir et nous amuser comme des enfants dans un jardin un jour de Pâques ! Mon équipe perdit 2 essais à 0 ce jour-là mais pas grave ! C’était drôle de jouer et encore plus impressionnant quand on sait que je courais dans les pas de grands rugbymen ! Epuisés mais rassasiés par toutes ces émotions, nous nous sommes réunis pour notre photo souvenir dans une franche camaraderie.

Vint le moment de quitter les lieux et retrouver nos contraintes scolaires de fin de journée ; la cantine aussi nous attendait pour un repas de débriefing bien mérité. Bien sûr, nous avions à notre palmarès quelques sorties Patrimoine et culturelles depuis le début de l’année scolaire, mais celle-ci était de loin la meilleure ! Si ce n’est une bonne douzaine de ballons qui ont failli me percuter de plein fouet (tout comme ce pauvre Félix) j’ai été super heureuse ! D’autant plus que nous vivions cette matinée comme un privilège car il s’agissait d’une première pour le stade qui n’avait pas l’habitude de recevoir des scolaires : pourvu que notre venue leur ait plue et que cette rencontre favorise d’autres échanges de même nature…

Un grand merci à la Ville de Toulon pour sa généreuse participation et tout particulièrement à : M. Michel Bonnus, adjoint au sport et espaces verts de la ville de Toulon, Patrick occhini, directeur général adjoint aux sports jeunesse et espaces verts, M. Georges Spriet, chef du service gestion des équipements sportifs, M. Pierre-Jean Guardamagna Responsable sécurité et matériel sportifs pour ses remarques avisées sur l’histoire et la logistique du stade, M. Stéphane Pépé, le gardien du stade, M. Sénéquier Stéphane pour la rédaction de la partie administrative du projet

Une grand merci aux deux équipes d’élèves qui ont donné de leur souffle et beaucoup d’encre pour rédiger cet article ! Les élèves de 4ème 5 : et les élèves de 4ème 6 :

Merci aux accompagnateurs : Mmes Arnaudo et Macho, professeur d’EPS, Mme Cambefort, Gestionnaire du Collège et supportrice motivée et en talons ! Mme Sénéquier, accessoirement photographe et organisatrice ; enfin, M. Didier Bonnabel, un sympathique et charismatique entraîneur qui a fait courir et a lui-même couru avec une ardeur presque enfantine !

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Les 4ème6 de Maurice Ravel font leur sortie au Fort Lamalgue – 2ème partie

Notre visite priv…légiée

Nous quittons notre salle de conférence improvisée pour nous aventurer sur les hauteurs du plus haut bâtiment du fort ; celui que l’on appelle le « cavalier » qui surplombe la cour de ses 14 mètres de hauteur. Depuis son sommet, la vue est formidable ! A 360°, la ville, le Faron, jusqu’aux hauteurs du Fort du Cap Brun s’offrent à nos yeux étonnés. Dommage qu’un lotissement n’en entrave le panorama exceptionnel sur la mer. En marche vers le Bastion que l’on désigne comme celui du roi (à l’avant du Fort, côté mer), notre guide nous indique un recoin à peine dégagé dans lequel on devine difficilement le Fort Saint-Louis que le Fort Lamalgue devait couvrir en cas d’attaque… Les choses ont bien changé de nos jours ! Le rôle primitif et redoutable du Fort a été abandonné au profit du tourisme balnéaire et des appartements de luxe avec vue sur mer. Le danger semble avoir quitté nos rivages : plus d’invasions à prévenir, plus d’assaut maritime ; le Fort s’est assagi et profite d’une retraite méritée à l’ombre des tours voisines…

Nous quittons notre promontoire pour accéder au fossé du Fort en contrebas, profond de 5 mètres. Comme les douves d’un château fort qui protégeaient les remparts, ce fossé semble dire à l’ennemi de ne pas s’y aventurer mais loin d’être submergé par des eaux stagnantes, ces « douves sèches » avait pour but de retarder judicieusement la progression des assaillants.

Nous poursuivons notre progression dans ce fossé qui cerne les murailles inclinées dites « contrescarpe » et parvenons jusqu’au lieu insolite de la galerie de feux de revers. Insoupçonnable mais percée de meurtrières étroites et de minuscules ouvertures inclinées à proximité du sol ; cette galerie est un piège implacable ! Celui qui parvient jusque là est pris au piège sous les tirs des défenseurs postés dans ces couloirs dérobés au regard. Depuis les discrètes ouvertures près du sol, jaillissent les grenades meurtrières.

Notre déambulation se poursuit dans les profondeurs du fort, inaccessibles d’ordinaire. Nous prenons comme un privilège l’opportunité d’accéder à ce que le grand public n’a pas l’opportunité de voir… Notre guide tient à nous montrer un aspect insolite du Fort et nous nous glissons par petits groupes, pour des raisons de sécurité, dans un couloir étroit et humide, parcouru de câbles et de tuyaux divers en hauteur. En file indienne et au pas de course, nous accédons à une porte très ancienne et très épaisse qui s’ouvre sur une minuscule pièce où nous nous agglutinons.
L’officier David Cliche nous explique que ce puits se caractérise par un niveau d’eau constant et que la plupart de ceux qui travaillent dans les étages supérieurs ignorent son existence !
Nous repartons par où nous sommes venus déjà bien émerveillés et fourbus par la concentration dont nous avons fait preuve depuis le début de la matinée ; un goûter bien mérité et une pause s’imposaient jusqu’à la prochaine étape ; le temps aussi de faire quelques photos-souvenir ou selfies (nous concernant) pour immortaliser notre escale gastronomique.

Lorsque les deux groupes se rejoignirent, nous regagnâmes la cour principale pour voir le clou du spectacle que nous attendions avec impatience. Notre curiosité était avide de contempler et de frémir devant d’autres lieux aussi sinistres que célèbres : les geôles qui avaient fait la réputation du Fort de la Révolution à 1923…
Nous empruntâmes donc un escalier vermoulu et sombre qui menait vers les entrailles du « cavalier » dont nous avons parlé un peu plus haut ; sous les railleries de nos guides et les intimidations hilares de nos professeures Mmes Escarras et Sénéquier ; nous nous engageons dans une antichambre à peine éclairée par quelques néons austères. La pièce est occupée dans l’angle par un cercueil béant qui semble avoir été préparé pour accueillir la dernière victime de ces lieux…
La mise en scène est inquiétante : la pièce en forme de L n’est occupée que par quatre cachots (il en existe une vingtaine en réalité sous le bâtiment) qui paraissent avoir été taillés à même la pierre. Les lourdes portes cerclées de fer s’ouvrent sur des emplacements minuscules sans accès sur l’extérieur. Une haute plate-forme de pierre marque l’emplacement du lit au confort discutable : George s’empresse de l’essayer et nous immortalisons ce moment en le taquinant un peu au passage.
Nous étions loin d’imaginer l’étroitesse et l’insalubrité de ces prisons d’alors : une odeur d’humidité et de renfermé plane dans l’atmosphère et il est d’autant plus difficile pour nous de concevoir l’obscurité totale dans laquelle étaient plongés les prisonniers. Célia relève un détail troublant : quelques graffitis laissés sur les murs par les hôtes malheureux de ces lieux sans doute…
Et dire que le record atteint en 1852 est de 1351 prisonniers dont 437 dans les seuls souterrains du « cavalier » !

Encore troublés, nous avons à peine le temps de nous remettre de ces émotions que nous terminons notre investigation des entrailles du fort ainsi que notre visite globale, par les citernes, situées dans la courtine sud. L’air y est encore plus rare que dans les cachots et les sons sont amplifiés par l’absence d’ouverture. Nous sommes vite oppressés et regagnons l’air libre dès les premiers symptômes du manque d’oxygène.
Quel périple et quel dépaysement !
Cette excursion nous réserva bien des surprises ! Il nous sembla avoir fait un bond dans le temps en parcourant ces murs imprégnés d’ Histoire.

Au moment du départ, nos contingences scolaires nous parurent bien dépassées, tant nous avions chassé toutes les contraintes futilement quotidiennes lors de cette immersion. C’est avec une sincère gratitude que nous saluâmes nos hôtes ayant si largement contribué à nous instruire. La qualité de l’accueil et la richesse de ce patrimoine m’incitera à y revenir à l’occasion des journées du patrimoine au mois de septembre prochain. Quant au mauvais temps, qu’importe ! Il n’avait fait que renforcer la mélancolie du départ et le poids historique de l’édifice au cœur de nombreux drames liés à la ville.

Un grand merci à M. Cloutour François, commandant adjoint du Fort Lamalgue, pour avoir contribué à l’ouverture exceptionnelle des portes de la Tour royale.
Merci à M. David cliche, capitaine d’Armes, qui nous accueilli amicalement et renseigné patiemment.
Merci à M. Lacaze, maître principal, pour avoir favoriser notre entrée au Fort Lamalgue avec ses précieux contacts.
Merci aux Elèves de 4ème 6 du Collège Maurice Ravel pour leurs prises de notes et leurs articles : Charlène B, Maïna Blessing, Cécilia Cane, Ton Chavaudra, Romain Cormier, Arthur Cornu, George Daniélou, Enzo Frances, Célia Gérault, Elena Heurtel-Zannoni, Théo Lacaze, Emma-Louise Le Gleuher, Richard Lock, Antoine Manchon, Brice Marchese, Jade Massé, Clara Parodi, Garys Peter, Océane Ramos, Jade Roig, Blanche Sagon, Hélio Sebaoun, Enzo Vignolo.
Merci à Mme Escarras et Mme Sénéquier, les accompagnatrices.
Merci à Mme Sénéquier pour l’organisation de cette sortie patrimoine et les corrections apportées aux articles produits par les élèves.

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Les 4ème6 de Maurice Ravel au Fort Lamalgue – 1ère partie

Quelle étonnante sortie ! Si proches du collège et pourtant si éloignés de notre quotidien scolaire… Passés ces murs, il nous sembla mettre un pied dans la réalité d’un métier qui suscite l’admiration de bon nombre d’entre nous.
Dès la sonnerie nous nous sommes attroupés avec ferveur pour notre deuxième sortie annuelle très officielle ; on nous avait demandé pour cela de soigner notre mise, tout en prévoyant de bonnes chaussures de marche, de quoi prendre des notes et des vêtements de pluie étant donné la météo…
C’était une visite très solennelle précédée de démarches administratives auxquelles nous étions soumis pour la première fois : en effet, plusieurs jours auparavant nous avions dépoussiéré nos cartes d’identité et passeports – qui n’avaient parfois jamais servi avant ça – afin de justifier notre identité et laisser la trace indélébile de notre passage.

Nous, qui d’ordinaire n’étions que des gamins aux yeux des adultes, fûmes accueillis comme des diplomates avec chocolats chauds, biscuits et infinies attentions qui nous réchauffèrent le cœur par ce matin pluvieux. Une salle de conférence avait été aménagée dans un réfectoire au premier étage d’un long bâtiment qui encadre une large cour ; les chaises étaient disposées en arc de cercle ; un écran et son vidéo-projecteur attendaient pour nous enseigner tous les détails des métiers de la Marine et le rôle du Fort Lamalgue dans l’Histoire toulonnaise
Nos yeux émerveillés trahirent alors notre candeur ; nous étions à la fois gênés et flattés d’être traités comme les hôtes de marque de ces lieux qui nous inspiraient une crainte respectueuse. Pris au sérieux pour la première fois parmi des hôtes aguerris qui nous intimidaient, nous remerciâmes sans y être obligés et écoutâmes notre leçon du jour en faisant les bons élèves.

Le commandant adjoint François Cloutour, au sourire à la fois discret et bienveillant, était vêtu d’une tenue assez solennelle : chemise blanche et galons ; il nous parla de sa carrière et de cette vie aventurière qui suscita toute notre attention.

Suite à cette passionnante présentation, nous allons succinctement vous rappeler les grandes dates de la belle bâtisse en forme d’étoile que l’on nomme : Fort Lamalgue !

Un lieu stratégique
Quand ?

1707
Invasion austro-hongroise, Antoine Niquet souligne la nécessité d’édifier des forts le long de la côte pour protéger Toulon.

A partir de 1720
Multitude de projets pour protéger la hauteur de Lamalgue.

1746
Milet de Monville rédige un projet général de défense

5 novembre 1764
Pose de la première pierre du Fort et ensevelissement des boites plomb contenant des médailles et parchemins, scellées à tout jamais dans les fondations du Fort.

1789
Achèvement du Fort

Où ?
Dans l’actuel quartier du Mourillon, sur une hauteur de 50 mètres au-dessus de la mer et surplombant la plage des Vignettes, se tapit le Fort Lamalgue.
Sur la colline qui porte le même nom, il faut en araser le sommet pour y construire les fondations. On déblaie une quantité impressionnante de terre : de 10 à 20 mètres de hauteur dans certains endroits…

A suivre…

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Le collège Maurice Ravel débarque aux archives de la Marine

Débarquement en Provence

Enfin une sortie pour changer des cours ordinaires !
Ce mardi matin 18 Novembre 2014 je m’étais dit que la journée à venir allait être divertissante et changer des habitudes scolaires car nous partions avec ma classe de 3ème étudier une exposition pour les 70 ans du Débarquement en Provence aux Archives de la Marine.
Tant pis pour la récré que nous avions râtée ! Nous déambulâmes le long du Lycée Dumont D’Urville pour parvenir jusqu’au Port, tout à proximité du Stade légendaire de Mayol. J’en profitai pour échanger librement avec mes amis sans être distrait par un trajet que je connaissais par cœur.

Pour commencer, nous fîmes une halte photographique devant la porte monumentale de la Corderie royale, classée monument historique et bâtie en 1685 pour un précédent bâtiment… avant de reprendre notre chemin jusqu’au but de notre expédition matinale, celle de l’exposition située au Service historique de la Défense. J’ignorais que l’on pouvait avoir accès par ce moyen à la Corderie royale interdite au public en temps normal : c’est ce que je croyais alors…
Arrivés à « bon port », passage de la Corderie, une porte automatisée sur la façade s’ouvrit brusquement à notre approche, comme si elle espérait notre venue. Nous entrâmes et observâmes alors un silence respectueux à la demande des adultes, comme soucieux de respecter ces lieux d’un autre âge ; enfin nous gagnâmes la salle d’exposition.

Débarquement en Provence
Je fus d’abord frappé par l’immense maquette d’une Frégate hérissée de canons qui nous accueillit dès l’accès. Par la suite, toutes les photos et archives présentes ainsi que les témoignages authentiques de journaux intimes nous ont offert une vision concrète et réelle de cette épouvantable période. Chaque récit était passionnant et saisissant de vérité : je m’identifiai facilement à ce toulonnais qui avait écrit les événements vécus et je pouvais ressentir avec étrangeté la peur qui l’envahissait en découvrant les heures difficiles des bombardements qu’il décrivait.
Mon confortable quotidien n’était plus aussi terrible que ces « cannonade(s) continue(s) » de la « nuit du 16 au 17 août 1944 ». Quant à moi, je n’avais pas perdu mes proches lors de ce terrible épisode, comme ce pauvre anonyme dans sa lettre évoquant la disparition de sa femme et de sa fille pendant les bombardements…
Je fus encore étonné de découvrir des journaux de propagande qui dénonçaient l’attaque des alliés comme celle d’ennemis impitoyables et meurtriers : ce que j’ai du mal à croire avec le recul historique !
Cette exposition m’a bouleversé(e) et depuis, je regarde ma ville d’un regard neuf ; je ne pensais pas que la seconde Guerre mondiale avait fait de ma cité natale si attachante et douillette à ce jour, un champ de ruines fantômatiques… Même notre brave et amusant Cuverville, tourné d’ordinaire vers la mer et triomphant sur son socle, avait perdu et ses bras et son panache !
Au retour, nous avons à nouveau longé le port, ensoleillé et accueillant avec ses terrasses chaleureuses et ses toulonnais déjà attablés à l’heure du repas. Alors j’ai tressailli, me rappelant quelques minutes plus tôt le souvenir terrible des gravas de pierres qui obstruaient ce trajet. Je pensai alors que la vie était fragile et que j’avais une chance infinie de naître à une époque où j’étais en sécurité. La malheureuse expérience de mes aînés devait me servir de mise en garde et je comprenais aussitôt la nécessité de tels témoignages.

Un grand merci à Mme Gragez Carole conservatrice au Service historique de la Défense pour l’organisation de cette exposition intitulée : La Marine française dans le Débarquement de Provence (du 18 août au 19 décembre 2014).
Merci aux accompagnatrices : Mme Oliva, professeur d’Histoire-Géographie et Mme Sénéquier, professeur de Français.
Merci aux élèves de 3ème 3 qui ont su observer et relever les informations pour constituer cet article. Salomé Baldovini, Axel Barthélémy, Quentin Bayeron, Lilia Blessing, Guilhaume Boixel, Alexandre Buttigieg, Adrien Caruso, Oscar Daniel, Léa Depallens, Marie Dième, Maele Dourdainne, Lucas Ezèque, Tony Faure, Raphaël Garcia, Guillaume Gatt, Elsa Grizel, Fanny Jarnot, Antoine Jonqueres, Laly Lagreca-Occhipinti, Anïs Lamacchia, Antonin Lassarre, Léonard Lévina, Elliesse Louiz, Zied Mejri, Fanny Nolay, Zoé Oulié, Lorenzo Pergola, Thomas Petit, Léon Riva.
Merci à Mme Sénéquier pour l’organisation de cette sortie Patrimoine et la synthèse des articles.

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Le collège Maurice Ravel visite le Courbet, un navire de guerre dans la Base navale

Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet

Ce jeudi 22 janvier 2015 n’est pas un jour comme les autres, certes pas ! Ma classe Patrimoine et moi-même, votre narrateur émérite, allons vous faire partager notre visite du Courbet, un vaillant bateau militaire pour l’heure à quai au cœur de l’impénétrable Base navale de Toulon.
Nous quittons le nid, ou plutôt le collège à 8h05 précisément, avec à peine une vingtaine d’élèves en ces temps de grippe et petits maux de toutes sortes, pour nous engager dans ce qui semblait être l’Aventure de cette année scolaire !
On ne nous avait pas menti et après cette heure de marche qui déjà nous occasionnait des courbatures, nous abordâmes la porte Malbousquet au détour des remparts de l’ancien Arsenal. Face à un grand rond-point où de nombreux véhicules s’animaient, nous accédâmes, non sans immortaliser traditionnellement notre venue, à un pont-levis réservé aux piétons.

Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet
La porte à double battants s’ouvrit devant nous. Les majors Terrien et Boudvin, nos accompagnateurs ne se firent pas attendre et procédèrent immédiatement à un appel avec vérification des documents d’identité que nous avions amenés avec nous. Tous équipés de nos passeports ou cartes d’identité nous les fîmes surgir de nos poches pour fournir la preuve que nous n’étions pas les espions à la solde d’une organisation secrète mais bien les humbles émissaires de l’Education nationale. Cette procédure de reconnaissance était la condition de notre accès dans ces lieux ultra-secrets où régnait d’ailleurs l’activité d’une ruche très animée !
Des hommes en tenue de camouflage, lourdement armés, barraient l’accès d’un péage où les voitures s’arrêtaient à notre hauteur ; nous dépassâmes en fil indienne cette barrière solennelle en répondant timidement à quelques salutations.
Après une marche étroitement encadrée par les majors et les profs, les quais s’offrirent à nos yeux ahuris. Là, étaient étroitement alignées, parmi d’autres navires colossaux tels que le Mistral, deux frégates parfaitement jumelles, aux lignes fuselées et audacieuses : le Surcouf et le Courbet.

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Mistral
non, il ne s’agit pas du vent du nord qui porte le même nom mais bien d’un bâtiment de projection et de commandement (BPC) de la marine nationale française. Tout comme ses deux frères, le Tonnerre et le Dixmud, le Mistral (L9013) assure des missions de maintien de la paix tout comme un rôle de projection de la puissance militaire française.
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Laissez-moi vous confier quelques mots à son sujet… Le Courbet est un bâtiment d’escorte de porte-avions. C’est le troisième parmi les 5 bâtiments de type La Fayette que compte la Marine nationale française. Son numéro de coque est F712. Cette frégate est parrainée par la villle d’Angers mais son port d’attache est Toulon. Elle est capable d’une grande furtivité en raison de sa signature accoustique réduite ; d’ailleurs, elle collecte les renseignements en précursion à l’intervention d’une force navale.
Le Courbet a été construit à Lorient en 1993 et admis au service actif le 1er avril 1997. Il est à mi-parcours d’une durée de vie limitée à 40-50 ans.

Nous gravîmes donc par groupes restreints l’étroite et fragile rampe d’accès jusqu’au pont du navire où le commissaire de bord et un jeune aspirant polytechnicien nous attendaient. Nous laissâmes les adultes se congratuler et organiser la visite, le temps pour nous de prendre quelques photos-souvenir sur la plate-forme d’atterrissage de l’hélicoptère. Quelques minutes plus tard, on nous sépara en deux groupes afin d’arpenter sans bousculade les coursives étroites et escarpées de notre hôte de fer.
Nous entamions notre visite par la perspective du hangar qui pouvait contenir un hélicoptère de type Alouette ou Tigre pour assurer la mobilité du personnel lors des missions.. Au milieu de ce bric et broc de matériel militaire, je devinai la présence insolite d’engins de musculation qui tâchaient de trouver leur place dans l’étroitesse du pont ou d’une mezzanine : drôle de conditions pour s’oxygéner le corps, pensai-je, mais notre guide, Victor Dysryn nous en expliqua la raison : « Lors de missions qui peuvent durer plusieurs semaines, le marin doit maintenir des conditions physiques optimales, ce qui explique la présence d’un tel équipement. Lorsqu’il est à terre, l’entrainement est également une nécessité, plus particulièrement les mardis et jeudis matin où un créneau horaire lui est prescrit pour entretenir ses capacités physiques »

Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet
Nous enchainâmes de longues minutes de déambulation dans des coursives étroites, grimpant les marches de ce qui semblait être une échelle plutôt qu’un escalier nous menant sur la passerelle de commandement. Il nous sembla alors parvenir dans la matière grise du bateau : depuis la vue panoramique de la passerelle, le regard balayait toute la ville (la Proue lui faisant face) d’un point de vue plutôt inédit. Victor nous expliqua avec bienveillance chaque fonction de chaque outil naval ; celui qui retint notre attention fut l’Alidad de relèvement, pour son nom bizarre d’une part et pour son intérêt d’autre part car il s’agissait en définitive d’un périscope ; chacun à tour de rôle s’essaya à la pratique de l’espionnage grâce ce curieux engin.

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150 hommes
En mission, le navire compte plus de 150 hommes à son bord, soit 15 officiers, 85 officiers mariniers et 53 quartiers-maîtres et matelots. Certains postes comportent 22 bannettes
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Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet

Nous quittâmes la passerelle pour arpenter encore les étroites galeries extérieures et nous rendre compte que chaque parcelle est exploitée par souci de place ; il faut dire que les parois sont proches, tout comme le plafond qui fait au-dessus de nos têtes un couvercle étouffant. Difficile de marcher autrement qu’en file indienne au risque de se bousculer ; quant à l’intimité autant ne pas y penser… il suffit d’aller voir pour cela les dortoirs ou postes pour imaginer le quotidien de cet équipage soumis à la promiscuité : pas de décoration superficielle, aucune personnalisation, six couchettes ou bannettes enchevêtrées dans un espace réduit, autant de bureaux escamotables, deux lavabos et voilà, rien de plus ! C’est un lieu de travail où l’employé mange, dort, vit avec une austérité qui est bien étrangère à ma confortable chambre désordonnée, empanachée de couleurs et d’objets éphémères…

La visite des cuisines nous fit oublier les inconvénients du métier car le temps de la pause repas approchait et le délicieux parfum des pommes de terre frites et du poulet grillé emporta notre adhésion à l’unanimité. Pour finir, nous avons visité la salle des machines, le cœur du navire avec ses commandes et ses instruments aux noms exotiques : indicateurs de gite ou d’assiette, anémomètre et j’en passe. Tout le monde semblait à la fois curieux et soucieux de nous accueillir, de nous renseigner sur les moindres détails et j’avoue ne pas avoir tout retenu si ce n’est la sollicitude appliquée de l’équipage que nous intriguions par notre présence singulière.

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Indicateur de gite ou d’assiette
c’est un instrument de bord qui mesure la position du navire et son inclinaison latérale par rapport à l’horizon. Il est gradué de 0 à 45°.

Anémomètre
est un terme du XVIIIe siècle, composé du préfixe grec « anémo »
(en français « vent ») et du suffixe « mètre » (« mesure »). Il s’agit donc d’un appareil permettant de mesurer la vitesse ou la pression du vent.
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A notre retour sur le pont, nous avons retrouvé nos camarades fiers de nous annoncer avoir visité l’armurerie sur l’invitation du capitaine d’armes. Quelques garçons ont manifesté leur dépit mais nous étions tous émerveillés de notre visite en définitive. Je pense que cette sortie a pu susciter des vocations car il règne dans ces lieux une discipline rassurante empreinte de camaraderie combinée au fait d’être utile à toute une nation.

Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet

Merci à nos hôtes : le commissaire de bord de la Frégate Courbet, l’aspirant Victor Dysryn, les majors Terrien et Boudvin pour leur accueil et leurs informations avisées ;
Merci aux accompagnatrices : Mmes Escarras professeur d’Histoire, Mme Sénéquier professeur de Français
Merci à M. Lacaze, maître principal, pour nous avoir rapproché de la D.R.I.M.M.
Merci aux élèves rédacteurs et enquêteurs, les élèves de la 4ème 6 du collège Maurice Ravel : Enzo Frances, Cécilia Cane, Romain Cormier, Célia Gérault, Antoine Manchon, Tom Chavaudra, Elena Heurtel-Zannoni, Arthur Cornu, George Danielou, Clara Parodi, Blanche Sagon, Théo Lacaze, Emma-Louise Le Gleuher, Richard Loock, Maïna Blessing, Charlène Batelot.
Pour les corrections et montage de l’article : Mme Sénéquier Bérangère.

4ème 6 
Charlène B, Maïna Blessing, Cécilia Cane, Ton Chavaudra, Romain Cormier, Arthur Cornu, George Daniélou, Enzo Frances, Célia Gérault, Elena Heurtel-Zannoni, Théo Lacaze, Emma-Louise Le Gleuher, Richard Lock, Antoine Manchon, Brice Marchese, Jade Massé, Clara Parodi, Garys Peter, Océane Ramos, Jade Roig, Blanche Sagon, Hélio Sebaoun, Enzo Vignolo.

Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet

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Le collège Maurice Ravel au Musée de la Marine

Collège Maurice Ravel au Musée de la Marine à Toulon
La Marine est constituée de 5 corps de métiers : la Marine nationale et ses navires gris, la Marine marchande, la Marine de pêche, la Marine de plaisance, la Marine scientifique à la couleur blanche si caractéristique. D’abord « Marine royale » sous Louis XV, créée par Richelieu en 1624, la Marine devient « nationale » à la Révolution. Elle est basée dans 3 lieux différents : Brest, Cherbourg et Toulon.

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☺ Le saviez-vous ?
Babord désigne la gauche, Tribord désigne la droite sur un navire.
Mots qui émanent du mot batterie décliné en deux termes.

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Le collège Maurice Ravel au Musée de la Marine à Toulon

Une rade, un trésor stratégique

La Rade circulaire de Toulon est la plus vaste d’Europe et la plus sûre ! Ses eaux sont suffisamment profondes et le relief montagneux et végétal de Saint-Mandrier est un obstacle naturel pour tout ennemi. En 1798, Napoléon a pu y faire pénétrer 300 navires au moment de son expédition en Egypte sans y être à l’étroit !
Toulon devient le théâtre d’un dramatique épisode pour sa flotte armée le 27 novembre 1942, lorsque le troisième Reich envahit Toulon et que l’Amiral est fait prisonnier à 4h25 par les Allemands au fort Lamalgue ; ordre est alors donné de saborder la totalité des Forces de haute mer présents dans la Rade : à 6h30 les explosions se succèdent, à 7h00 tout est terminé.

De nos jours, c’est dans une partie de cette enceinte naturelle que se trouve l’arsenal de Toulon ; appelé désormais Base navale, elle possède une superficie de 273 hectares et 3 entrées à l’ouest, au Nord et à l’Est. 2 000 entreprises dans la région PACA travaillent pour la Base et 20 000 personnes y entrent et sortent chaque jour !

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☺ Le saviez-vous ?
 Le mot « sabord », si cher au Capitaine Haddock dans son expression célèbre :
« Mille milliards de mille sabords ! » désigne l’ouverture vers la mer
depuis lequel les canons vomissent leur charge meurtrière.

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La construction d’un navire

La frégate de 36 canons et le vaisseau de 74 canons sont des navires de guerre. Ces navires d’autrefois sont réalisés en bois de chêne car ce bois ne pourrit pas au contact de l’eau ; l’inconvénient c’est qu’il est très couteux : il faut une forêt tout entière, soit 3 500 chênes, pour réaliser un seul de ces navires et chaque tronc doit mesurer 1 mètre de circonférence soit 1 siècle de maturité ! D’autre part, la Méditerranée ayant un coefficient de marée pratiquement nul, un navire ne peut être mis à flots une fois terminé en raison de son poids conséquent… il s’agit tout d’abord de réaliser la coque et par la suite d’achever sa construction une fois sur l’eau. En effet, il faut imaginer la masse de matériaux et matériel qui venait compléter le vaisseau : mâts, ancres, voilage dont la plus grande mesure 15 x 35 mètres, cordages (environ 120 km) une centaine de tonnes d’armement sans compter les 74 canons pesant 3,5 tonnes pièce, plus de 600 animaux pour la table, 115 tonnes de vivres solides, 310 000 litres de vivres liquides et de 500 à 700 hommes venant compléter l’équipement indispensable. Si ces vaisseaux devaient déjà supporter un tel poids, il faut imaginer qu’ils devaient affronter aussi les tempêtes ! Ce type de navire en mer atteignait la hauteur prodigieuse d’un bâtiment de 20 étages !

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☺ Le saviez-vous ?
En combien de temps construisait-on les navires ?

Il fallait environ 7 mois pour construire une frégate à Toulon et un peu moins
de 2 ans pour un vaisseau : un temps relativement court au vu de la complexité du travail !

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Les mâts en pin ou sapin étaient dressés à l’aide de machines manipulées par les bagnards qui fournissaient une main d’oeuvre des plus économiques pour des travaux ingrats que nul ne souhaitait pratiquer. Une fois terminé, le bateau atteignait bientôt la taille d’un immeuble de vingt étages !

Un nouveau type de bateau apparaît à l’ère de l’Industrialisation : le premier cuirassé du monde a été réalisé à Toulon par l’ingénieur militaire du génie maritime Henri Dupuy de Lôme en 1859. Ce navire à coque de fer répondait aux progrès de l’armement avec ses canons à obus, dont seule une épaisse cuirasse permettait de s’en défendre.

Le collège Maurice Ravel au Musée de la Marine à Toulon

Le peintre de la Marine

Le peintre de la Marine se distingue par un détail qui n’est pas des plus insignifiants : l’ancre qui termine sa paraphe au bas de la toile lui confère un statut honorifique et officiel qui lui garantit un grade au sein de la flotte : celui d’Enseigne de Vaisseau ou commissaire de marine par exemple ainsi que l’opportunité d’embarquer aux frais de la Marine nationale pour réaliser des œuvres qui une fois terminées lui appartiendront totalement ! La présence de cette ancre sur chaque toile est un label de qualité et triple la valeur du tableau !

Le collège Maurice Ravel au Musée de la Marine à Toulon

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☺ Le saviez-vous ?
La galère est un navire à faible tirant d’eau et d’une capacité de plus de 400 hommes.
Employée en Méditerranée et pendant la belle saison, elle était actionnée par la force musculaire d’esclaves ou repris de justice. Chaque rame mesurait 12 mètres de long et pesait 700 kg ;
elle nécessitait l’énergie de 7 personnes enchainées les unes aux autres.

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Le collège Maurice Ravel au Musée de la Marine à Toulon

Le peintre de la Marine en France est un titre reconnu pour les plus grands peintre, photographe, graveur et sculpteur qui ont consacré leur talent à la mer, à la Marine et gens de la mer. C’est une reconnaissance attribuée pour une période de 3 ans renouvelable pour les 20 meilleurs peintres !
Le tableau de Roger Chapelet présent au musée de la Marine de Toulon montre le retour en rade de Toulon des navires de guerre qui pavoisent les couleurs françaises. Les cuirassés du premier plan accusent les années de guerre avec le cabossage des coques et les taches orangées formées par la rouille agressant son aspect. La mer chatoyante reflète les couleurs chaudes d’un ciel inhabituellement brun et les montagnes s’effacent dans le lointain pour donner la vedette aux navires fourbus et fiers ! Maladresse de l’artiste ? Non, Chapelet rend hommage au cuirassé « La Gloire » à l’extrême droite du tableau. Dans le lointain, le croiseur laisse apparaître sa silhouette volontairement disgracieuse : le bâtiment se présentait sous un camouflage particulier destiné à tromper l’ennemi.

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☺ Le saviez-vous ?
Si les plus hautes vagues atteignent 9 mètres en Méditerranée, il faut multiplier cette
hauteur par deux dans l’océan. Par ailleurs, il existe des vagues dites « scélérates »
dont la taille atteint 30 mètres de hauteur ; elles sont imprévisibles.
La plus grande observée à ce jour mesurait 34 mètres !

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Le collège Maurice Ravel au Musée de la Marine à Toulon

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