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Le collège Maurice Ravel visite le Courbet, un navire de guerre dans la Base navale

Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet

Ce jeudi 22 janvier 2015 n’est pas un jour comme les autres, certes pas ! Ma classe Patrimoine et moi-même, votre narrateur émérite, allons vous faire partager notre visite du Courbet, un vaillant bateau militaire pour l’heure à quai au cœur de l’impénétrable Base navale de Toulon.
Nous quittons le nid, ou plutôt le collège à 8h05 précisément, avec à peine une vingtaine d’élèves en ces temps de grippe et petits maux de toutes sortes, pour nous engager dans ce qui semblait être l’Aventure de cette année scolaire !
On ne nous avait pas menti et après cette heure de marche qui déjà nous occasionnait des courbatures, nous abordâmes la porte Malbousquet au détour des remparts de l’ancien Arsenal. Face à un grand rond-point où de nombreux véhicules s’animaient, nous accédâmes, non sans immortaliser traditionnellement notre venue, à un pont-levis réservé aux piétons.

Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet
La porte à double battants s’ouvrit devant nous. Les majors Terrien et Boudvin, nos accompagnateurs ne se firent pas attendre et procédèrent immédiatement à un appel avec vérification des documents d’identité que nous avions amenés avec nous. Tous équipés de nos passeports ou cartes d’identité nous les fîmes surgir de nos poches pour fournir la preuve que nous n’étions pas les espions à la solde d’une organisation secrète mais bien les humbles émissaires de l’Education nationale. Cette procédure de reconnaissance était la condition de notre accès dans ces lieux ultra-secrets où régnait d’ailleurs l’activité d’une ruche très animée !
Des hommes en tenue de camouflage, lourdement armés, barraient l’accès d’un péage où les voitures s’arrêtaient à notre hauteur ; nous dépassâmes en fil indienne cette barrière solennelle en répondant timidement à quelques salutations.
Après une marche étroitement encadrée par les majors et les profs, les quais s’offrirent à nos yeux ahuris. Là, étaient étroitement alignées, parmi d’autres navires colossaux tels que le Mistral, deux frégates parfaitement jumelles, aux lignes fuselées et audacieuses : le Surcouf et le Courbet.

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Mistral
non, il ne s’agit pas du vent du nord qui porte le même nom mais bien d’un bâtiment de projection et de commandement (BPC) de la marine nationale française. Tout comme ses deux frères, le Tonnerre et le Dixmud, le Mistral (L9013) assure des missions de maintien de la paix tout comme un rôle de projection de la puissance militaire française.
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Laissez-moi vous confier quelques mots à son sujet… Le Courbet est un bâtiment d’escorte de porte-avions. C’est le troisième parmi les 5 bâtiments de type La Fayette que compte la Marine nationale française. Son numéro de coque est F712. Cette frégate est parrainée par la villle d’Angers mais son port d’attache est Toulon. Elle est capable d’une grande furtivité en raison de sa signature accoustique réduite ; d’ailleurs, elle collecte les renseignements en précursion à l’intervention d’une force navale.
Le Courbet a été construit à Lorient en 1993 et admis au service actif le 1er avril 1997. Il est à mi-parcours d’une durée de vie limitée à 40-50 ans.

Nous gravîmes donc par groupes restreints l’étroite et fragile rampe d’accès jusqu’au pont du navire où le commissaire de bord et un jeune aspirant polytechnicien nous attendaient. Nous laissâmes les adultes se congratuler et organiser la visite, le temps pour nous de prendre quelques photos-souvenir sur la plate-forme d’atterrissage de l’hélicoptère. Quelques minutes plus tard, on nous sépara en deux groupes afin d’arpenter sans bousculade les coursives étroites et escarpées de notre hôte de fer.
Nous entamions notre visite par la perspective du hangar qui pouvait contenir un hélicoptère de type Alouette ou Tigre pour assurer la mobilité du personnel lors des missions.. Au milieu de ce bric et broc de matériel militaire, je devinai la présence insolite d’engins de musculation qui tâchaient de trouver leur place dans l’étroitesse du pont ou d’une mezzanine : drôle de conditions pour s’oxygéner le corps, pensai-je, mais notre guide, Victor Dysryn nous en expliqua la raison : « Lors de missions qui peuvent durer plusieurs semaines, le marin doit maintenir des conditions physiques optimales, ce qui explique la présence d’un tel équipement. Lorsqu’il est à terre, l’entrainement est également une nécessité, plus particulièrement les mardis et jeudis matin où un créneau horaire lui est prescrit pour entretenir ses capacités physiques »

Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet
Nous enchainâmes de longues minutes de déambulation dans des coursives étroites, grimpant les marches de ce qui semblait être une échelle plutôt qu’un escalier nous menant sur la passerelle de commandement. Il nous sembla alors parvenir dans la matière grise du bateau : depuis la vue panoramique de la passerelle, le regard balayait toute la ville (la Proue lui faisant face) d’un point de vue plutôt inédit. Victor nous expliqua avec bienveillance chaque fonction de chaque outil naval ; celui qui retint notre attention fut l’Alidad de relèvement, pour son nom bizarre d’une part et pour son intérêt d’autre part car il s’agissait en définitive d’un périscope ; chacun à tour de rôle s’essaya à la pratique de l’espionnage grâce ce curieux engin.

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150 hommes
En mission, le navire compte plus de 150 hommes à son bord, soit 15 officiers, 85 officiers mariniers et 53 quartiers-maîtres et matelots. Certains postes comportent 22 bannettes
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Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet

Nous quittâmes la passerelle pour arpenter encore les étroites galeries extérieures et nous rendre compte que chaque parcelle est exploitée par souci de place ; il faut dire que les parois sont proches, tout comme le plafond qui fait au-dessus de nos têtes un couvercle étouffant. Difficile de marcher autrement qu’en file indienne au risque de se bousculer ; quant à l’intimité autant ne pas y penser… il suffit d’aller voir pour cela les dortoirs ou postes pour imaginer le quotidien de cet équipage soumis à la promiscuité : pas de décoration superficielle, aucune personnalisation, six couchettes ou bannettes enchevêtrées dans un espace réduit, autant de bureaux escamotables, deux lavabos et voilà, rien de plus ! C’est un lieu de travail où l’employé mange, dort, vit avec une austérité qui est bien étrangère à ma confortable chambre désordonnée, empanachée de couleurs et d’objets éphémères…

La visite des cuisines nous fit oublier les inconvénients du métier car le temps de la pause repas approchait et le délicieux parfum des pommes de terre frites et du poulet grillé emporta notre adhésion à l’unanimité. Pour finir, nous avons visité la salle des machines, le cœur du navire avec ses commandes et ses instruments aux noms exotiques : indicateurs de gite ou d’assiette, anémomètre et j’en passe. Tout le monde semblait à la fois curieux et soucieux de nous accueillir, de nous renseigner sur les moindres détails et j’avoue ne pas avoir tout retenu si ce n’est la sollicitude appliquée de l’équipage que nous intriguions par notre présence singulière.

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Indicateur de gite ou d’assiette
c’est un instrument de bord qui mesure la position du navire et son inclinaison latérale par rapport à l’horizon. Il est gradué de 0 à 45°.

Anémomètre
est un terme du XVIIIe siècle, composé du préfixe grec « anémo »
(en français « vent ») et du suffixe « mètre » (« mesure »). Il s’agit donc d’un appareil permettant de mesurer la vitesse ou la pression du vent.
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A notre retour sur le pont, nous avons retrouvé nos camarades fiers de nous annoncer avoir visité l’armurerie sur l’invitation du capitaine d’armes. Quelques garçons ont manifesté leur dépit mais nous étions tous émerveillés de notre visite en définitive. Je pense que cette sortie a pu susciter des vocations car il règne dans ces lieux une discipline rassurante empreinte de camaraderie combinée au fait d’être utile à toute une nation.

Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet

Merci à nos hôtes : le commissaire de bord de la Frégate Courbet, l’aspirant Victor Dysryn, les majors Terrien et Boudvin pour leur accueil et leurs informations avisées ;
Merci aux accompagnatrices : Mmes Escarras professeur d’Histoire, Mme Sénéquier professeur de Français
Merci à M. Lacaze, maître principal, pour nous avoir rapproché de la D.R.I.M.M.
Merci aux élèves rédacteurs et enquêteurs, les élèves de la 4ème 6 du collège Maurice Ravel : Enzo Frances, Cécilia Cane, Romain Cormier, Célia Gérault, Antoine Manchon, Tom Chavaudra, Elena Heurtel-Zannoni, Arthur Cornu, George Danielou, Clara Parodi, Blanche Sagon, Théo Lacaze, Emma-Louise Le Gleuher, Richard Loock, Maïna Blessing, Charlène Batelot.
Pour les corrections et montage de l’article : Mme Sénéquier Bérangère.

4ème 6 
Charlène B, Maïna Blessing, Cécilia Cane, Ton Chavaudra, Romain Cormier, Arthur Cornu, George Daniélou, Enzo Frances, Célia Gérault, Elena Heurtel-Zannoni, Théo Lacaze, Emma-Louise Le Gleuher, Richard Lock, Antoine Manchon, Brice Marchese, Jade Massé, Clara Parodi, Garys Peter, Océane Ramos, Jade Roig, Blanche Sagon, Hélio Sebaoun, Enzo Vignolo.

Le collège Maurice Ravel sur le navire Le Courbet