Articles

,

Le collège Maurice Ravel nous parle du harcèlement – Episode 4

Harcèlement à l'école

MOBILISONS-NOUS CONTRE LE HARCÈLEMENT 2015 – Catégorie affiche – Lauréat Lycée : Lycée polyvalent Pointe Noire – Académie de la Guadeloupe

Une psychologue de l’Académie prend alors la parole, Mme Sandrine Orsatti, expliquant la responsabilité de tous dans ce fonctionnement immature et cruel. Il y a en effet trois types de personnes impliquées dans le schéma du harcèlement : la victime bien sûr, dont la souffrance ne s’arrête pas à la fin des cours et aux portes du collège; le témoin qui sait, qui voit tout mais qui se tait la plupart du temps « soulagé » de ne pas être cette victime et enfin le(s) bourreau(x), incapables d’empathie et intellectuellement limités. Le mécanisme nous implique tous à différents degrés et c’est pour ça qu’il faut immédiatement « briser ce mur du silence » pour désamorcer le drame éventuel.
Les nouvelles technologies, nous dit-elle, n’ont fait qu’amplifier le phénomène pervers du harcèlement: « Ce n’est pas internet qui a créé le harcèlement, il l’a développé » par l’usage des réseaux sociaux ; les chiffres sont évocateurs et inquiétants: 40% d’enfants en France prétendent avoir été harcelés par messagerie !

Audrey Jouaneton, magistrate, enchaîne en condamnant la lâcheté de ce processus bestial qui promeut la loi du plus fort et l’effet stimulant du groupe contre la victime solitaire et sans défense apparente. « Le harceleur est un lâche » contre lequel le dialogue est la seule réponse: « Dialoguez entre vous, parlez-en à vos parents car le harcèlement est une violence volontaire avec préméditation et ne pas la dénoncer signifie y participer! »
A son tour, Patrick Bruel justifie son rôle dans cette démarche en tant qu’acteur de l’une des vidéos mais surtout en tant que chanteur: « la chanson, dit-il, a toujours été un vecteur multiplicateur d’idées ». Il se refuse de passer sous silence cette réalité à laquelle il est déjà confronté en tant que père; il nous rappelle pour cela les propos de Molière, dramaturge, qu’il cite dans ces circonstances: « c’eût été y prendre part que de ne pas m’y opposer » (Dom Juan Acte III, scène 3). Chacun de nous est concerné quel que soit le rôle que nous interprétons dans le trio harcelé-harceleur-témoin.
Très vite, Patrick Bruel en vient à parler de sa dernière chanson « Maux d’enfants » (jeu de mots !) aux accents hip-hop, qu’il a chantée en duo avec « La Fouine », rappeur que certains d’entre nous apprécient vraiment !

Dans son clip vidéo, il expose, à la manière d’un cross-over, un moment critique de la vie de ce professeur de Français qu’Amandine met en scène dans son court-métrage intitulé Les mots qui tuent. On le rencontre avant la tragique disparition de sa fille Laura (voir plus haut), confronté à ses propres élèves qui cachent derrière un sourire de circonstances – une photo de classe – le cri étouffé de leur drame intérieur. Trois d’entre eux subissent les brimades de stupides camarades. J’ai trouvé sympa l’insertion de flash-codes tout au long du clip-vidéo, qui nous permettent de consulter et mieux comprendre la douleur des protagonistes . Comme ce professeur de Français, on s’imagine être à l’écart et pas concerné par ce qui arrive à quelques uns de ses élèves, alors qu’en rentrant chez soi cette réalité nous saute à la gorge…
Amandine Steletta reprend alors le micro et avec émotion, enchaîne en nous expliquant l’orgine de ces courts-métrages qu’elle nous a proposés. Enfant, elle avait été rejetée et humiliée sans autres arguments que son apparence et convaincue de sa culpabilité, avait attenté à ses jours pour mettre fin à cet acharnement absurde : « J’avais peur… se confie-t-elle, très peur et je n’arrivais pas à franchir cette barrière. Mes parents n’y ont rien et je n’ai pas pu leur dire la vérité. C’était trop dur. »

A suivre mercredi prochain…

_____________________________________

MOBILISONS-NOUS CONTRE LE HARCÈLEMENT 2015 – Catégorie vidéo
Lauréat lycée  : lycée le Verrier  – Académie de Caen

,

Le collège Maurice Ravel nous parle du harcèlement – Episode 3

Harcèlement à l'école

MOBILISONS-NOUS CONTRE LE HARCÈLEMENT 2015 – Catégorie affiche – Lauréat collège 4e-3e : Collège Albert Camus – Académie de Toulouse

Dans un contexte scolaire identique, nous changions de personnage référent et passions dans la peau d’un adulte incarné par Patrick Bruel. Cet homme affligé fait les cents pas dans la chambre semble-t-il d’une jeune adolescente ; à la suite, une succession d’images rétrospectives nous informe qu’il s’agit de sa fille. Ce concours de circonstances nous amène à croire, sans qu’aucun dialogue ne soit prononcé, que la jeune fille, Laura, n’est plus et qu ‘une décision désespérée est la cause de sa disparition. Le père s’agite alors, s’insurge et prospecte frénétiquement la chambre à la recherche d’indices qu’il finit par trouver. Le puzzle s’anime sous nos yeux et nous fait prendre conscience de l’injustice de cette mort prématurée : les insultes sur les réseaux sociaux, les images mensongères et les rumeurs ont fini par détruire Laura qui s’est murée dans le silence et a attenté à ses jours sans raisons apparentes pour son entourage. Un message en guise de conclusion nous indique que « chaque jour, le cyberharcèlement dévore nos enfants. » et que les réseaux sociaux peuvent pousser aux pires extrémités .

Le dernier court-métrage qui lui succède change de point de vue et de circonstances; on quitte le domaine scolaire pour suivre un adulte incarné par Charles Berling, notre hôte, métamorphosé pour le rôle. Son personnage s’appelle Vincent. Seuls les messages laissés sur son répondeur téléphonique occupent la bande sonore et nous renseignent sur son identité. La caméra multiplie les très gros plans de manière syncopée et entretient une subjectivité qui nous met mal à l’aise: les marques de fatigue sur un visage vieillissant et mal entretenu, la cigarette que l’on fume tout en conduisant, le regard fuyant et inquiet du personnage nous informe d’un mal être profond et oppressant. C’est un fuyard que nous incarnons et qui refuse de donner le moindre signe de vie (le jour de son anniversaire) à ses proches et sa famille.
Encore une fois, nous avons affaire à un personnage qui ne parle pas, ne se confie pas comme si un drame intérieur se produisait et que toute forme de communication était interdite. L’ultime communication laissée sur la messagerie par une certaine Mathilde finit par confirmer ce que nous redoutions tous sur le passé meurtri de Vincent, victime lui aussi de harcèlement scolaire. « Ce n’est pas parce que tu étais gosse que c’était rien » confie la voix féminine, nous rappelant que le jeu cruel auquel se livre des enfants n’est pas limité dans le temps pour celui qui les subit…

Les lumières des projecteurs et de la salle nous sortirent de la torpeur malsaine dans laquelle nous avait plongé la succession de ces courtes séquences de vie. Difficile de parler après ça car nous jouions chacun à notre façon un rôle coupable dans cette mascarade scolaire : soit que nous soyons victime ou bourreau ou témoin complaisant…

A suivre mercredi prochain…

___________________________________________

MOBILISONS-NOUS CONTRE LE HARCÈLEMENT 2015 – Catégorie vidéo
Lauréat collège 4e/3e exæquo
Collège Marcel André – Académie d’Aix-Marseille
Collège La Guicharde – Académie de Nice

 


Prix Mobilisons-nous contre le harcèlement… par EducationFrance