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Le collège Maurice Ravel nous parle du harcèlement – Episode 2

Harcèlement à l'école

Après la présentation des enjeux de notre rencontre, un groupe de personnes vêtues sobrement – tout de noir – fit son entrée ; c’est alors qu’un cri unanime et un tonnerre d’applaudissements saluèrent tout particulièrement l’apparition d’un Patrick Bruel, gêné et confus par la distinction dont il faisait l’objet presque malgré lui… Je trouvai cette clameur fanatique un peu déplacée pour les circonstances  de notre sortie; je ne pensai pas que l’artiste fut venu pour pousser la chansonnette au milieu des psychiatre, réalisatrice, procureur et autre juge d’instruction qui l’entouraient…
D’ailleurs, il se saisit aussitôt du micro pour rappeler le réel objet de cette rencontre par ces mots : « le harcèlement est un vrai sujet, un vrai problème, un vrai fléau (…) Chaque victime se mure dans quelque chose de très douloureux où le silence peut devenir un véritable ennemi. »
S’en suivit aussitôt la projection des courts-métrages réalisés par la réalisatrice Amandine Stelletta, une jeune femme au visage d’ange et aux cheveux sagement coiffés sur le côté que nous allions entendre dans un tout autre registre à la fin du visionnage.

Harcèlement à l'école

MOBILISONS-NOUS CONTRE LE HARCÈLEMENT 2015 – Catégorie affiche – Lauréat collège 6e-5e : Collège du Château – Académie de Rennes

Ce court-métrage enigmatique joue avec les angles de vue ; la caméra nous cache le visage du personnage que l’on suit au sein d’une foule affairée et joyeuse, indifférente et pourtant terriblement familière : la cour, les sacs à dos, la sonnerie… je reconnais mon environnement quotidien et ce collège qui pourrait être le mien. Le jeune garçon que suit la caméra nous tourne le dos ; adoptant son point de vue, on s’aperçoit très vite que personne ne nous regarde, aucun de ces joyeux camarades ne tente une approche à son égard et vont jusqu’à parler à travers lui sans le voir.

La classe, la cantine, les trottoirs de la rue déserte accentuent le malaise et la caméra, qui multiplie les gros plans, montre désormais un garçon chétif au visage fermé, impassible et résigné dont rien dans le comportement ne justifie la mise à l’écart.
Au présent se superpose l’avenir et ce même garçon devenu adulte se comporte de manière identique au sein du même paysage scolaire : je trouvai presque ridicule cette scène de l’adulte affublé d’un cartable, en décalage avec le monde qui l’entourait et qui n’y avait pas sa place. Une voix off enfantine vint alors décoder le mystère qui entourait la mise en scène dépouillée de dialogues, elle disait : « Comment je me vois dans 20 ans ? » Réponse de cette même voix : « moi, je ne me vois pas. »

La violence de ce discours bref et spontané me laissa interdit et sans réaction ; je n’eus pas le temps d’analyser le malaise de l’identification qu’on m’avait fait subir que déjà le court-métrage suivant commençait…

A suivre mercredi prochain…

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MOBILISONS-NOUS CONTRE LE HARCÈLEMENT 2015 – Catégorie vidéo
Lauréat collège 6e-5e : collège du Batsberg – Académie de Strasbourg